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LABORATOIRE DE L’ART & DE L’EAU

 

Le Laboratoire de l’art & de l’eau est une unité de recherche de l’école supérieure d’arts & médias de Caen/Cherbourg. Elle associe des compétences de recherche scientifique et des compétences de recherche artistique pour la mise en œuvre de projets situés au cœur des multiples relations qu’entretiennent l’art et l’eau. Ses investigations s’organisent sur la base de trois axes. Le premier concerne les relations de l’art et de l’eau lorsqu’elles entrent en résonance avec le territoire et les paysages. Le deuxième axe de recherche s’implique dans les enjeux intellectuels de la création liés à l’eau comme matière ou comme matériau, comme substance ou composant des milieux vivants. Le troisième axe de recherche se matérialise sur le terrain des rapports que l’art et l’eau entretiennent avec le déplacement et le voyage. Le Musée éclaté de la presqu’île de Caen (MéPIC), "musée à ciel ouvert" installé sur le territoire de 15 communes lors de juillet à octobre 2013, a été la première réalisation du Laboratoire de l’art & de l’eau.

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PROJETS EN COURS : 

SECONDE NATURE
Nature & renaturation, un aperçu sensible d’une histoire des cours d’eau en mutation

Depuis le mois de juin 2014 une équipe de chercheurs constituée de Camille Prunet (Docteur en esthétique et sciences de l’art), Agnès Villette (journaliste et photographe, agrégée en lettres modernes), Thierry Weyd (artiste, éditeur et enseignant) et Jana Winderen (artiste sonore, curator et biologiste), parcourent régulièrement les rives de l’Orne dans le cadre d’une expérience singulière de recherche initiée à la suite d’une sollicitation par un groupe d’universtitaires géographes.

En novembre 2016 une série d’expositions et de rencontres sur différents sites de la région rendront compte de cette expérience inédite.

La "renaturation", la restauration, la conservation des espaces naturels, sont des idées en vogue pour appréhender les espaces naturels organisés par l’humain.
Cette appréhension de la nature ressort d’une pensée occidentale qui dit les enjeux de l’organisation spatiale. Cette "renaturation" des sites naturels s’observe actuellement à l’occasion de l’arasement de barrages en Basse-Normandie.
Cette volonté de "renaturer" les cours d’eau interpelle par le retour qu’elle suppose à un état initial, à un état de "pureté". Le retour à une rivière à méandres, à une rivière courante et poissonneuse est-il un retour à un état primitif ? L’imaginaire collectif de la rivière rurale, vive et diversifiée, est mise en avant.
À propos de la "renaturation", terme employé pour désigner les travaux de réaménagement suite aux arasements de seuils et barrages, il est ainsi régulièrement écrit que l’objectif est de réhabiliter un milieu pour le ramener vers un état proche de son état d’origine.
Le démembrement des ouvrages d’art change la rivière, son lit et son débit. Ces changements semblent profiter à la rivière : un débit plus rapide entraîne une meilleure oxygénation, et ainsi une meilleure qualité de l’eau.
Que voit-on ? Qu’entend-on de différent ? Les espèces végétales, animales, susceptibles de vivre dans ces cours d’eau évoluent également.
Ce qui est observé, entendu, se trouve affecter par ce "retour" à l’état naturel d’origine. Comment ces changements sont-ils perçus ?
Ces bouleversements affectent directement la rivière, mais aussi les humains et leurs activités liées à la rivière. Des tensions et des incompréhensions sont perceptibles entre les différents acteurs et riverains. Les habitants ne comprennent pas l’objectif recherché, ni pourquoi il faudrait modifier un environnement qu’ils ont toujours connu comme tel.
Autour de ces interrogations relatives à l’"effacement"*de barrages, l’objectif est de permettre une analyse sensible et scientifique des changements opérés, physiquement visibles ou non, par ces projets de gestion écologique des cours d’eau en s’intéressant, de manière plus fondamentale, à ce que signifie l’état "sauvage" ou "premier" de la nature dans un espace naturel entièrement réorganisé par l’homme.

*Terme utilisé notamment dans "La Sélune au long cours. Journal de l’opération d’effacement des barrages de la Sélune", édité par la Préfecture de la Manche. 

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Dans le cadre d’un partenariat entre l’association Portraits et le Laboratoire de l’art & de l’eau, Camille Prunet, chercheuse et historienne de l’art, a rédigé les portraits des membres de son équipe de recherche : Jana WinderenAgnès Villette et Thierry Weyd 



DÉPLACER LA TERRE / UN INVENTAIRE DES BORDS

Porteur du projet : Adeline Keil, photographe, professeure à l’ésam Caen/Cherbourg – Coordinateur du projet : Christophe Halais, auteur, photographe

Chercheur(e)s : Adeline Keil ; Christophe Halais ; Fabrice Gallis, artiste au Laboratoire des Hypothèses et technicien à l’ésam Caen/Cherbourg ; Karine Le Petit, ethnologue ; Hortense Leclavez & Mathieu Goussin, artistes plasticiens ; Aurélie Sement, artiste plasticienne

Ce projet de recherche veut entreprendre l’exploration et la narration du processus de mutation de la ville de Cherbourg induit par l’extension portuaire sur la mer destinée à l’implantation industrielle des énergies marines renouvelables (EMR). Il propose l’analyse et la mise en exergue des représentations que suggère la transformation des pratiques habitantes dans leurs relations au territoire. Ce sont des représentations documentaires et artistiques, identitaires et sociétales. Avec l’étude socio-spatiale des rapports entre la Rade de Cherbourg et la montagne du Roule, le dispositif des investigations de l’équipe de recherche se fonde sur les liens entre histoire urbaine et géographie physique. Avec l’arrivée des industries et techniques relatives aux EMR, le projet s’impliquera dans le mécanisme du chantier lui-même (ses entreprises, ses ouvriers, ses usagers), celui qui gagne sur la mer (39 hectares) pour façonner une nouvelle géographie, celui qui aménage l’espace pour construire un nouveau paysage. Au croisement des compétences de recherche artistique et de recherche scientifique, le projet se donne pour ambition transversale de faire naître une parole (individuelle et/ou collective) et d’installer sur place une dynamique d’échanges qui relève à la fois du débat public, de la médiation et du partage. 

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