« Le chemin : en long, en large et en travers »

Atelier pour tous
proposé par Sylvie Caty

Sentes, piesentes et sentiers.

J’imagine que dès l’annonce du 11 mai, la plupart d’entre nous avons emprunté divers chemins pour se dégourdir les jambes, prendre un bon bol d’oxygène, écarquiller les yeux.

Notre regard n’est probablement plus le même, notre approche de la nature, non plus. En long, en large et en travers nous avons regardé, observé, savouré, détaillé plus attentivement, un réveil des sens en quelque sorte, de la vue, de l’ouïe, de l’odorat. 

J’imagine qu’en sillonnant, vous avez été surpris par mille et un petits détails qui vous échappaient jusqu’à présent. J’imagine, dans la campagne, des rencontres impromptues avec la couleur flamboyante d’un écureuil par exemple, une grosse et molle limace gluante orange au graphisme strié, une plante longue, fine, aux délicats pistils, étamines, pétales, odorante et enivrante, une texture rude et profonde d’une écorce de bois, une lumière aveuglante… ou dans un paysage urbain, la rencontre avec un graffiti intriguant, le graphisme d’une plaque d’égout... ou que sais-je encore ? 

L’idée de ce travail artistique est en première partie, de dessiner ou de peindre ce chemin avec comme objectif de rendre le sentiment de bien-être, de repos, de bonheur, d’émerveillement. 

La deuxième partie sera de l’entourer de petites cases avec des dessins ou peintures d’éléments qui ont plus particulièrement attiré votre attention. Un peu comme des zooms, avec force de détails. Pour vous donner une idée de la composition, je pense à Pierre Alechinsky avec ses vignettes, remarques marginales. 

Petit rappel historique : les premiers chemins sont tracés sur les crêtes par les armées pour observer l’horizon. La largeur des chemins était souvent réglementée ou très normée (voir les voies romaines). Le chemin royal (reliant deux villes) devait mesurer deux verges de largeur et dans la principauté de Liège, le chemin royal a une largeur de 32 pieds (9,60m). Mais dans le passé, ce que je préfère et ce que je regrette est le fait suivant : à Saint-Omer, dans le Nord de la France, on pouvait payer ses impôts en cailloux (silex) qu’on apportait pour boucher les trous des routes et des sentiers (une idée à relancer à nos gouvernants ?). 

Chemin faisant, je vous propose ces références : 

  • Pierre Alechinsky, Remarques marginales, éditions Gallimard, 1997 ;
  • Francis Alÿs et ses déambulations, ses marches ;
  • Daniel Arrasse, Le détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, éditions Flammarion 2014.
  # Grand public / 2019-2020 / A la maison / #12
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